« Je propose un départ de rien, d’un déchet de papier, d’une vieille affiche, du déchet qu’aurait pu être mon âme. Je suis dans tous les sens et mes sens donnent une âme à un support qui me transporte. J’essaye de mettre en peinture ce qui n’est pas palpable, un certain spleen, l’émotion de l’instant et … recomposer une partition. Je coexiste avec ce rien avec ce déchet, j’apprends alors à rassembler toutes mes émotions. Je me fous de la notion de beau. Je suis là où la peinture m’emmène… parfois dans contrée incertaine je recrache toutes ces petites choses qu’il ne faut pas dire, qu’il ne faut pas montrer, vomir ces émotions pour être en vie, ne plus cacher ces dégouts… »

 

Je ne le contrôle pas ce travail instinctif et primitif où la peinture et le texte s’entremêlent et me transportent. J’erre dans un monde où le déchet et le dégoût qui nous heurtent, qui me heurtent, me permettent de redonner un sens à ma vie, à nos vies. Jean Cocteau disait que « les artistes sont des bagnes dont les oeuvres sont les évadés » … j’emprisonne, je jauge, je juge, je libère et enfin offre l’évasion. »