« Ce dont on a peur, vraiment, c’est de la liberté,

celle qui oblige, qui met en demeure,

et déclenche en chacun de nous ce mouvement

de désobéissance qui commence par soi-même. »

 

« Désobéir », Frédéric Gros

 

Voilà quelques années que les paysages sont là, constamment renouvelés. Ils sont beauté dynamique, en devenir continu, qui ne permet jamais l’exploitation commode des chemins déjà parcourus.

 

La perception de l’annulation de tout rapport du tableau avec le modèle.

La peinture est d’une certaine abstraction, base de l’esthétique, art par excellence de l’inconscient et de l’irrationnel, conscience plastique de nos instincts, extériorisation de la vie intérieure représentée par la déformation des objets. Les montagnes se sont ouvertes, la lumière explose, les ciels prennent toute leur vigueur et de nouvelles nuances apparaissent. Le délitement se lit dans les coulures. La peinture constitue le texte pour l’évocation, la suggestion autonome du spectateur. L’expression d’une possible inquiétude.

 

Poétique de la surprise.

Dans ses tableaux, le seul terme de jugement appréciable est l’émotion. L’émotion est produite par la surprise, et la beauté n’est que surprise. Le nouveau, l’esprit nouveau est tout dans la surprise. C’est ce qu’il y a en lui de plus vivant, de plus vivifiant. Et ce n’est pas par l’assonance, mais bien plus par la dissonance, dans un accord non linéaire qui refuse la logique de l’harmonie imitative. L’asymétrie oblige le spectateur à être toujours en alerte, à défier le peintre, avec la naissance d’une multiplication de surprises. Cette incohérence et cette dissonance ne retrouvent l’unité et la voie de l’esthétique que sur le plan de la simultanéité et de l’inconscient. L’incohérence n’existe que pour ceux qui refusent la réalité.

 

D’une certaine liberté

Redonner aux couleurs leur efficacité de signe et de musique, leur pouvoir contextuel de signifié et de signifiant sonorisé à la limite du possible, à la recherche d’un langage autre. La proclamation incessante d’une poésie qui suggère et ne définit pas.

 

Dominique-Anne Offner